Longtemps, j’ai cru que j’allais bien. Je suis d’une nature calme, adaptable, je déteste les conflits. Je gère. Le boulot, la famille, les travaux de la maison, les émotions des autres. J’avance coûte que coûte. Et pourtant, à l’intérieur, quelque chose s’épuisait lentement. Une fatigue nerveuse diffuse, une sensation de trop-plein que personne ne voyait, et que je n’arrivais pas à analyser.
On parle beaucoup d’hypersensibilité, celle qui se voit et qui s’entend. Mais il existe une autre forme, plus discrète, intériorisée. Celle des gens qui ressentent tout intensément, mais qui ne l’expriment pas : l’hypersensibilité silencieuse.
C’est en réalisant le test de Braverman, découvert dans le cadre de ma formation en naturopathie, que j’ai découvert mon profil. J’ai mis des mots concrets sur qui je suis, et j’ai eu envie de partager avec vous ce que ce test m’a appris, comment il m’a aidé à comprendre le fonctionnement de mon système nerveux, et ce que je mets en place pour retrouver mon équilibre. Peut-être que ça raisonnera en vous, ou que vous voudrez en savoir plus sur ce test.
L’hypersensibilité silencieuse : quand tout se passe à l’intérieur
Être hypersensible, ça ne veut pas forcément dire pleurer à tout bout de champs, exploser émotionnellement ou se sentir à fleur de peau en permanence. Certaines personnes, comme moi, ressentent tout à l’intérieur, en silence, elles intériorisent leurs émotions et minimisent leurs réactions.
Généralement, ce sont des personnes qui :
- s’adaptent beaucoup
- anticipent constamment
- captent l’ambiance d’une pièce
- prennent sur elles
- minimisent leurs besoins
- rassurent les autres avant de s’écouter elles-mêmes
De l’extérieur, elles semblent solides, calmes, stables. Mais à l’intérieur, leur système nerveux est en vigilance permanente. C’est cette forme d’hypersensibilité que j’appelle aujourd’hui hypersensibilité silencieuse.
Pourquoi j’ai fait le test de Braverman
En naturopathie, on s’intéresse énormément au terrain. Le terrain, c’est tout ce qui fait d’une personne ce qu’elle est :
- son capital santé, c’est-à-dire son héritage génétique, ce qui est inné
- son tempérament, qui se développe tout au long de son existence par son comportement alimentaire, social, affectif, spirituel…
- sa toxémie, autrement dit l’encrassement des fluides organiques par des éléments internes ou externes.
Le terrain définit l’état d’une personne à un moment précis et permet d’adapter les conseils naturo de façon individuelle. Chaque personne est unique, et le naturopathe s’applique donc à personnaliser ses conseils pour chaque client. Il réalise d’ailleurs, lors du premier entretien, un bilan de vitalité assez complet qui vise à mesurer la vitalité de la personne, à identifier les surcharges et les carences, et à évaluer ses habitudes de vie. Mais il existe bien d’autres outils en naturopathie, dont le test de Braverman.

Le médecin neurobiologiste américain Eric Braverman est l’un des spécialistes mondiaux du lien corps/esprit. Son test permet d’explorer l’équilibre des 4 principaux neurotransmetteurs : dopamine, acétylcholine, GABA, sérotonine. Ces 4 substances jouent un rôle crucial dans la régulation de nos émotions, de notre comportement, de notre bien-être général. Un déséquilibre peut agir sur notre santé physique et/ou psychique. L’objectif ici n’est pas de poser un diagnostic médical, mais de mieux comprendre quel neurotransmetteur est dominant dans notre système nerveux et d’identifier une éventuelle carence.
J’ai fait ce test par curiosité, après en avoir entendu parler lors de mon 1er stage pratique de naturopathie. Avant d’utiliser un outil auprès de mes clients, il est indispensable de les tester et de se les approprier. En plus, j’étais curieuse de connaître mon neurotransmetteur dominant, pour comprendre comment je fonctionne et ce que je peux mettre en place au quotidien pour maintenir mon équilibre. Mais je ne m’attendais pas aux résultats de ce test et à ce que j’allais apprendre sur moi-même.
Mon profil et ce qu’il dit de moi
Le test m’a donc appris que mon profil est : GABA dominant, acétylcholine élevée et sérotonine basse. Lorsque j’ai analysé ces résultats, j’ai enfin pu mettre des mots sur mon fonctionnement.
🧘♀️ GABA dominant : le calme apparent
Mon profil montre une dominance du GABA, un neurotransmetteur inhibiteur. Il apaise, il calme, il aide à ralentir. 50% de la population mondiale a un profil à dominante GABA. Un profil GABA dominant donne souvent :
- une apparence calme et posée
- un besoin de sécurité
- une capacité à temporiser
- une tendance à éviter le conflit
Chez moi, cette dominance se traduit par une apparente sérénité. Je suis souvent perçue comme posée, calme, raisonnable. Je prends sur moi, je ne réagis pas à chaud. Ce calme n’est pas toujours synonyme de repos réel : il est le résultat d’un contrôle permanent, d’une volonté inconsciente de maintenir l’équilibre coûte que coûte.
🕵️♀️ Acétylcholine élevée : hyper-analyse et hyper-vigilance
Mon test a donc révélé une acétylcholine élevée. L’acétylcholine est le neurotransmetteur de la vigilance, de l’attention, de la mémoire et de l’intuition. Elle joue un rôle essentiel dans la capacité à analyser, à comprendre et à anticiper les choses. Le fait qu’elle soit élevée explique ma capacité à capter rapidement les ambiances, les tensions, les non-dits… Même au repos, mon esprit reste en mode alerte, à tout observer et analyser pour comprendre.
Ce duo GABA-acétylcholine crée un fonctionnement particulier : une apparence extérieure calme et maîtrisée, et un intérieur en ébullition constante. Je peux donner l’impression d’être relax, détendue, alors que mon système nerveux est en alerte rouge. J’ai appris à intérioriser mes émotions plutôt qu’à les exprimer, et c’est fatiguant !
Sérotonine basse : la fatigue morale discrète
Enfin, le test met en évidence une sérotonine basse. La sérotonine est assez connue, elle est souvent associée à l’humeur, au bien-être. Avoir une sérotonine basse ne veut pas dire être en dépression constante. C’est plutôt un signe d’anxiété de fond, d’une tension constante, d’une difficulté à savourer l’instant présent. Chez moi par exemple, ça se traduit par une fatigue morale diffuse, une tendance à ruminer, à anticiper le pire, et à me sentir facilement submergée par mes émotions (sans pour autant l’exprimer).
Ce que ce profil explique dans mon quotidien
L’analyse de mon profil complet et de la répartition entre chaque neurotransmetteur a mis des mots sur beaucoup de choses. Je suis quelqu’un d’organisée, de fiable, présente pour les autres, capable de gérer plusieurs rôles en même temps. Mais je sentais bien intérieurement qu’une fatigue s’installait, sans réussir à l’expliquer. Ce n’est pas une fatigue physique, plutôt comme un brouillard mental, l’impression que mon cerveau ne sait plus gérer les informations qui arrivent.
La dominance du GABA explique en grande partie cette capacité que j’ai de rester calme, même dans des situations complexes. Je suis plutôt quelqu’un qui apaise, qui temporise, qui prend sur elle pour maintenir la paix et l’harmonie. Mais le souci, c’est que tout intérioriser demande énormément d’effort et que mon système nerveux en souffre si je ne me protège pas.
J’ai compris également grâce à mon profil pourquoi je passe mon temps à décortiquer chaque scène vécue dans ma journée. Je veux tout analyser, tout comprendre, mais je suis aussi en vigilance constante et je m’inquiète pour un tout et un rien. J’envisage toujours les pires scénarios. Je veux que les autres se sentent bien, au détriment de mon propre bien-être.
En clair, je dois apprendre à faire de moi une priorité.
Ce que cette prise de conscience a changé pour moi
Comprendre mon fonctionnement neurologique a été une libération. Déjà, parce que j’ai enfin compris d’où me vient cette sensation de fatigue mentale. Elle n’est pas imaginaire ou inventée, elle est juste le résultat d’un système nerveux sollicité en permanence et que je dois apprendre à mettre au repos.
Tout est une question d’équilibre. Et ça rejoint d’ailleurs la naturopathie et le principe des trois piliers : alimentation, activité physique et équilibre psycho-émotionnel. On ne peut pas se concentrer sur un seul des piliers, c’est l’équilibre des 3 qui nous permet d’avoir une bonne vitalité.
Je suis hypersensible, et je le serai toute ma vie. Le but n’est pas de changer, mais de vivre en harmonie avec moi-même. Alors que puis-je mettre en place pour ne pas me fatiguer ? Comment apaiser ce système nerveux toujours actif ?
🍽️ Alimentation
Plutôt que de chercher à me booster, l’objectif ici est vraiment de me nourrir et de stabiliser mon système nerveux. Pour cela, j’essaie au maximum de privilégier :
- des repas réguliers et pris à horaires fixes ;
- une alimentation riches en tryptophane (précurseur de la sérotonine) : poulet rôti, dinde, noix, amandes, pois cassé, lentilles, riz complet, œufs, banane… ;
- l’apport de glucides complexes pour éviter les montagnes russes émotionnelles.
A l’inverse, j’ai limité les excitants (pour ma part le café, mais ça peut être le thé ou les sucres rapides) qui stressent mon système nerveux. Alors le but n’est pas non plus de se restreindre et d’être trop stricte, au risque de provoquer l’effet inverse en se culpabilisant de ne pas être parfaite. Toujours faire de son mieux, sans jugement.
🏃♀️➡️ Activité physique
Pour les hypersensibles silencieux comme moi, l’activité physique n’est pas là pour se dépasser et être le meilleur, mais pour décharger le système nerveux. Je me suis longtemps sentie mal de ne pas être une compétitrice, une acharnée de sport qui veut toujours aller plus loin. Finalement, ce n’est simplement pas dans ma nature et je suis ok avec ça.
Je choisis donc des sports qui me correspondent : des cours de pilate, du renforcement musculaire doux, de la natation, de la marche… Ce qui ne m’empêche pas de faire un peu de course à pied de temps en temps, mais je n’en abuse pas. Mon corps n’a pas besoin d’être épuisé pour se réguler. Mais le mouvement est essentiel à mon équilibre nerveux. Je mets mon cerveau sur pause, j’arrête de penser, je me détends.
❤️🩹 Équilibre psycho-émotionnel
Vous l’aurez compris, ce pilier est très important pour un profil comme le mien. Pourtant, c’est probablement celui que je malmène le plus et pour lequel je dois faire plus d’efforts. J’ai tendance à me lancer dans des projets importants et à m’oublier. J’ai noté plusieurs choses qui me font du bien et apaise mon mental, je vous les partage donc ici :
- Je ne scrolle plus indéfiniment le soir dans mon lit avant de dormir. J’arrête mon téléphone au moins 30mn avant de me coucher et je me suis remise à la lecture, même pour quelques pages.
- Je recommence les activités manuelles, qui m’aident à me détendre et à ne penser à rien, sans objectif de production ou de qualité.
- J’apprends à prendre du temps pour moi, seule, sans culpabiliser (les mamans me comprennent sûrement).
L’objectif ici est d’éviter de saturer mon cerveau avec trop d’informations, de le laisser avoir des moments de pause.
La naturopathie invite à adapter notre hygiène de vie par rapport à notre terrain, notre quotidien, notre sensibilité. Elle ne cherche pas à faire entrer tout le monde dans le même moule. Je crois que c’est ça qui me plaît tant dans cette discipline. Nous sommes tous uniques, nos corps réagissent différemment, nos cerveaux aussi. Il est donc inutile d’essayer de copier ce qui a fonctionné chez un autre, si on est complètement opposé.
Le test de Braverman permet d’apprendre quel est notre profil au niveau des 4 principaux neurotransmetteurs et d’adapter notre façon de vivre en fonction du résultat. Évidemment, ce n’est pas le seul outil sur lequel s’appuyer, mais ça donne quand même de bonnes bases pour mieux se connaître, voire mieux s’accepter.
Alors que pensez-vous de tout ça ? Est-ce que le test de Braverman vous intrigue ? Est-ce que vous aimeriez connaître votre profil et ce que ça dit de vous ?
