Aller au contenu
crises colère enfant : est-ce normal ? que faire ?

Mon enfant fait des crises de colère : est-ce normal et que faire ?

Ton enfant s’effondre au sol au supermarché parce que tu n’as pas pris les céréales avec le dessin animé dessus. Il tape, il crie, il pleure à en perdre le souffle. Et toi, tu ne sais plus si tu dois le prendre dans tes bras, l’ignorer, négocier ou repartir directement à la maison.

Si tu te reconnais dans cette scène, sache que tu n’es ni un mauvais parent, ni seul(e). Les crises de colère font partie du développement normal de l’enfant. Mais « normal » ne veut pas dire « facile à vivre ». Et surtout, ça ne veut pas dire qu’on ne peut rien faire.

Dans cet article, je t’explique pourquoi ton enfant fait des crises, ce qui se passe vraiment dans sa tête (et dans son cerveau) sur le moment, et surtout : des pistes concrètes pour mieux les traverser ensemble.

Cet article est à visée informative et éducative. Il ne remplace pas un avis médical ou un accompagnement spécialisé.

Pourquoi mon enfant fait-il des crises de colère ?

La première chose à comprendre, c’est que la crise de colère n’est pas un caprice. Ce n’est pas une manipulation, ni un test de tes limites, ni le signe que tu élèves mal ton enfant. C’est un débordement émotionnel.

Ton enfant de 3, 4 ou 5 ans ressent des émotions très intenses (frustration, colère, déception, peur), mais son cerveau n’est pas encore capable de les gérer seul. Le cortex préfrontal, la zone du cerveau responsable de la régulation émotionnelle, de la prise de décision et du contrôle des impulsions, n’est pas mature avant 25 ans environ.

Concrètement, ça veut dire que quand ton enfant est submergé par une émotion forte, il n’a littéralement pas les outils cérébraux pour se calmer tout seul. Il a besoin d’aide, pas de punition. Ce que tu observes pendant la crise (les cris, les coups, les pleurs), c’est son système nerveux en état d’urgence. Il ne choisit pas de se comporter ainsi. Il est dépassé.

À quel âge les crises de colère sont-elles normales ?

Les crises de colère sont particulièrement fréquentes entre 1 et 5 ans, avec un pic souvent autour de 2-3 ans, d’où l’expression du « terrible two ». Mais elles peuvent tout à fait se prolonger jusqu’à 6 ou 7 ans, surtout chez les enfants sensibles ou intenses.

Ce qui change avec l’âge, c’est la fréquence et l’intensité. Plus l’enfant grandit, plus il développe le langage et la capacité à exprimer ce qu’il ressent, et moins il a besoin de passer par le corps pour le montrer.

Si les crises sont très fréquentes (plusieurs fois par jour), très longues (plus de 30 minutes), ou si elles s’accompagnent de comportements qui t’inquiètent, n’hésite pas à en parler avec ton médecin ou un pédopsychologue.

Ce qui déclenche les crises : mieux comprendre pour mieux anticiper

Certains enfants sont plus sujets aux débordements émotionnels que d’autres. On parle parfois d’enfants sensibles, intenses ou à haut potentiel émotionnel. Mais même sans profil particulier, il y a des situations qui font monter la sauce pour presque tous les enfants :

La fatigue : un enfant fatigué a encore moins de ressources pour gérer ses émotions. Les crises du soir ou après l’école, ça te dit quelque chose ?
La faim : le fameux « hangry » existe aussi chez les enfants, et même encore plus fort.
La frustration : ne pas pouvoir faire quelque chose tout seul, se faire dire non, devoir attendre.
Les transitions : passer d’une activité fun à quelque chose de moins sympa (éteindre la télé, partir du parc).
La surstimulation : trop de bruit, trop de monde, trop d’activités dans la journée. Certains enfants saturent plus vite que d’autres.

Reconnaître ces déclencheurs, c’est déjà une façon de désamorcer certaines crises avant qu’elles arrivent.

Que faire pendant la crise ?

C’est LA grande question. Et la réponse selon moi, c’est : pendant la crise, l’objectif n’est pas d’éduquer, mais d’accompagner.

Le cerveau de ton enfant est en état d’urgence. Il n’est pas en état d’écouter, de comprendre, ni d’apprendre quoi que ce soit. Parler, expliquer, ou répéter les règles à ce moment-là, c’est de l’énergie perdue (et c’est souvent contre-productif).

Voici ce qui aide vraiment :

Rester calme toi-même (je sais, plus facile à dire qu’à faire). Ton calme est contagieux, tout comme ta panique. Si tu montes en tension, la crise s’intensifie. Si tu descends en tension, elle peut redescendre aussi.
Mettre des mots sur ce qu’il ressent : « Tu es très en colère parce qu’on doit partir du parc. Je comprends que c’est décevant. » Pas pour négocier, juste pour qu’il se sente compris.
Ne pas rentrer dans le rapport de force. La crise s’arrêtera d’elle-même. Ton rôle n’est pas de la stopper de force, c’est de rester présent(e) et de ne pas aggraver les choses.
Assurer sa sécurité physique si nécessaire, sans brutalité.
Éviter d’ignorer complètement. Un enfant qui se sent seul dans sa tempête peut aller encore plus loin pour attirer l’attention ou provoquer une réaction.

Après la crise, quand ton enfant est calmé, c’est là que vient le moment de l’échange. Un câlin, poser quelques mots simples sur ce qui s’est passé et en tirer des .

Ce qui aide sur le long terme

Traverser la crise sur le moment, c’est bien. Mais l’objectif à long terme, c’est d’aider ton enfant à développer ses propres outils de régulation émotionnelle pour qu’il soit de moins en moins dépendant de toi pour revenir au calme.

Ça passe par plusieurs choses :

Lui apprendre à reconnaître ses émotions en dehors des moments de crise : nommer ce qu’il ressent, mettre des mots sur les situations. Des petites cartes des émotions, par exemple, peuvent beaucoup aider les enfants visuels.
Lui proposer des outils concrets adaptés à son âge : une respiration simple, un espace calme où il peut aller quand il sent que ça monte, un objet rassurant.
Instaurer des rituels apaisants dans sa journée : une routine du soir stable, des moments de jeu libre sans pression, du temps de connexion avec toi.
Prendre soin de toi aussi : un parent à bout ne peut pas être une ancre pour son enfant. Ce n’est pas de l’égoïsme, c’est de la survie.

Et si les crises de colère cachent autre chose ?

Parfois, des crises très fréquentes ou très intenses peuvent être le signe d’un trop-plein émotionnel lié à l’environnement(changement, séparation, stress familial), ou d’un profil particulier : enfant hypersensible, haut potentiel, TDAH, anxiété.

Ce n’est pas une étiquette à coller à tout prix, mais une piste à explorer si tu sens que les crises dépassent ce que tu arrives à gérer, ou si elles impactent vraiment la vie quotidienne de toute la famille. Dans ce cas, un accompagnement par un pédopsychologue ou un professionnel de la santé peut faire une vraie différence.

Des outils concrets pour aller plus loin

Si tu cherches une boîte à outils pratique pour accompagner les émotions de ton enfant au quotidien (pas des grandes théories, des outils vraiment utilisables dans la vraie vie) j’ai créé un guide PDF fait pour ça.

Guide pratique - 10 outils pour apaiser les émotions de nos enfants

→ 10 outils pour apaiser et réguler les émotions de vos enfants

Il s’adresse aux parents d’enfants de 3 à 7 ans, en particulier les enfants sensibles ou intenses. Tu y trouveras 10 outils concrets (dont la respiration papillon, les cartes des émotions, le timer douceur…), des phrases toutes faites pour les proposer à ton enfant, et un module dédié aux parents, parce que la culpabilité d’après la crise, je connais aussi. En bonus, tu trouveras également un poster à imprimer et à accrocher dans la chambre de ton enfant, ainsi que des cartes des émotions prêtes à l’emploi.

Ce guide pratique est à 9€, en format PDF téléchargeable, envoyé par mail après paiement.

En résumé

Les crises de colère chez l’enfant, c’est normal. C’est un débordement émotionnel, pas un caprice. Et on peut vraiment faire quelque chose.

Comprendre : le cerveau de l’enfant n’est pas encore capable de réguler seul les émotions intenses
Traverser : pendant la crise, l’objectif c’est de rester calme et présent(e), pas d’éduquer
Construire : sur le long terme, apprendre à l’enfant à reconnaître et exprimer ses émotions, avec des outils adaptés à son âge

Et toi, à quoi ressemblent les crises de ton enfant ? Est-ce qu’il y a des situations qui les déclenchent à coup sûr ? Dis-moi dans les commentaires : je lis et répond à tout avec plaisir !

Avez-vous trouvé cet article intéressant ?

Notez-le !

Note moyenne 0 / 5. Nombre de votes : 0

Aucun vote pour l'instant. Soyez le premier à noter cet article !

Merci ! Puisque vous avez trouvé cet article utile...

Suivez-moi sur mes réseaux sociaux !

Je suis navrée que cet article ne vous ait pas plu.

Comment puis-je l'améliorer ?

Des suggestions ?

Partagez cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *